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Gilles Rousseau  "la Vie en Soi"

Gilles Rousseau "la Vie en Soi"

Comment vivre en co-création avec la nature et en harmonie avec tous les êtres humains afin que nos différences deviennent des richesses à partager pour un monde d'Amour et de Tolérance.

La spirale du Sahara

 

En Égypte, entre mer et désert, trois femmes ont fait surgir du sable Desert Breath. Une œuvre que l’histoire du land art avait oubliée… jusqu’à ce qu’un satellite ne la redécouvre. PAR SOPHIE PINET

Pendant que l’artiste Andy Goldsworthy alignait des cailloux sur l’herbe verte de quelques champs anglais, tentant au passage de nous faire oublier les racines un brin plus musclées du land art américain, trois jeunes filles manœuvraient, elles, des tractopelles au milieu du Sahara. Alexandra Stratou (architecte), Danae Stratou (artiste) et Stella Constantinides (architecte) ont ainsi œuvré de 1995 à 1997, au sein de leur collectif DAST Arteam, pour faire surgir du sable égyptien deux monumentales spirales imbriquées gravitant autour d’un lac aux contours redessinés pour former un cercle parfait. Pourquoi parler de cette œuvre aujourd’hui ? Il aura suffi d’un clic sur la toile et d’une balade sur les rives de la mer Rouge, via Google Earth, pour que Desert Breath souffle sur les lieux communs : non, le land art ne s’est pas concentré sur les plaines au nord du tropique du Cancer ; non, l’Égypte n’est pas que la terre d’accueil des mille et une merveilles de l’Antiquité qu’on lui connaît ; et oui, le fantôme de l’artiste Robert Smithson s’est visiblement aventuré jusqu’à ces contrées. Impossible en effet de ne pas entrevoir dans Desert Breath les contours de la Spiral Jetty qu’il fit émerger du Grand Lac Salé en 1970. 500 mètres de boue, de cailloux et de sel, récupérés à l’aide de monstres d’acier, lorsqu’ici, il aura fallu déplacer 8 000 m3 de sable sur 100 000 m2, creuser 89 cônes pour constituer la première spirale, avant de former 89 cônes pour la seconde. Mesurer la distance, jouer sur les hauteurs, les diamètres, tasser, sortir un niveau, mesurer à nouveau, et puis… observer. Observer le ciel qui défile au-dessus de l’œuvre avant que le vent ne la fasse disparaître, et, contre toute attente, constater qu’elle a finalement résisté aux lois de la nature. Danae Stratou parle de forces spirituelles pour expliquer cet état de conservation miraculeux. De celles qui auraient préservé les pyramides de Gizeh ? Peu importe, il flotte, selon elle, dans cet endroit où « l’immensité de la mer rencontre l’immensité du désert », un halo de mystère, qui préserve les traces de l’homme de l’érosion naturelle. Ici le temps s’amuse de ses intervalles. Et là, c’est Google Earth qui le dit.

 

 

 Source : http://www.admagazine.fr/art/portfolio/articles/la-spirale-du-sahara/14117?utm_source=Outbrain&utm_medium=Outbrain&utm_campaign=Outbrain

 

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