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Gilles Rousseau  "la Vie en Soi"

Gilles Rousseau "la Vie en Soi"

Comment vivre en co-création avec la nature et en harmonie avec tous les êtres humains afin que nos différences deviennent des richesses à partager pour un monde d'Amour et de Tolérance.

Charlotte Valandrey, un cœur pour deux

 

Elle se livre encore une fois dans son dernier ouvrage, qui est sorti hier, « De coeur inconnu », et fait part de son incroyable expérience. La comédienne, séropositive, subit une greffe du coeur en 2003. Deux ans plus tard, elle se découvre de nouveaux goûts, comme le baba au rhum, ou éprouve une sensation de « déjà-vu » dans des lieux où elle n'est jamais allée. Pour elle, c'est sûr, elle a hérité de la mémoire de sa donneuse…Elle s'en souvient comme si c'était hier. C'était très exactement le 4 novembre 2005, soit deux ans jour pour jour après sa transplantation cardiaque. Cette nuit-là, raconte la comédienne Charlotte Valandrey dans son dernier livre « De cœur inconnu » (le Cherche- Midi, 17 €), « c'était le début d'une série de rêves intrus ». Séropositive depuis ses 17 ans, greffée du cœur à 34 ans à la suite des dégâts de la trithérapie, l'interprète de « Rouge Baiser » et des « Cordier juge et flic » est troublée par les images qui hantent ses nuits, et plus particulièrement par un accident de voiture qu'elle ne cesse de revivre alors qu'elle n'en a jamais eu. « C'est comme si ce n'était pas mon rêve… » glisse-t-elle quelques pages plus loin à sa psy. Autre bizarrerie, Charlotte se découvre de nouveaux goûts culinaires comme le baba au rhum ou la tarte au citron. De même, alors qu'elle ne boit pas de vin, elle se met à en déguster avec plaisir. Enfin, elle éprouve des sensations de « déjà-vu » comme lors d'un séjour en Inde alors que c'est la première fois qu'elle y met les pieds. Elle a le sentiment que tous ces phénomènes inexpliqués sont liés à sa greffe. La comédienne devine au détour d'une conversation avec son médecin que le don a eu lieu dans le même hôpital que la greffe. Elle comprend que celui ou celle qui lui a donné son cœur est décédé là, tout près de la chambre où elle attendait sa transplantation. Et ne cesse, à partir de cet instant, de penser à celle — elle est persuadée que c'est une femme — grâce à qui elle est encore en vie. « Est-on vraiment mort lorsque survit une part de soi aussi vitale? » s'interroge la comédienne dans son livre. Elle entame des recherches sur Internet et trouve plusieurs témoignages de greffés cardiaques vivant avec ce sentiment d'avoir hérité d'une partie de la mémoire de leur donneur. Tenace, celle qui malgré sa maladie a réussi à devenir mère et vit avec le VIH depuis vingt-cinq ans, poursuit son enquête. Elle découvre la théorie de la mémoire cellulaire, selon laquelle toutes les cellules de nos organes stockent des informations (souvenirs, traits de personnalité, goûts) nous concernant. « La mémoire cellulaire, écrit l'actrice, expliquerait que, lors d'une greffe d'un organe vital, le donneur puisse transmettre au receveur des fragments, des souvenirs de lui. » Charlotte se pose beaucoup de questions. Elle n'est pas la seule. Ailleurs dans Paris, un homme n'accepte pas d'avoir perdu celle qu'il aimait. Dans la nuit du 3 au 4 novembre 2003, sa femme est décédée dans un accident de voiture. Les réanimateurs n'ont rien pu faire pour la garder en vie. Alors, selon la volonté de la jeune femme, il donne son autorisation pour le prélèvement de son cœur en vue d'une transplantation. Lorsqu'il découvre au hasard d'une interview que Charlotte Valandrey a bénéficié d'une greffe cardiaque la même nuit et dans le même hôpital, il décide de lui écrire. Les trois lettres que l'actrice va recevoir sont anonymes. Charlotte est plus que troublée. Mais faute de nom et d'adresse, elle ne peut entrer en contact avec lui. En 2007, alors qu'elle joue au théâtre « la Mémoire dans la peau », elle se fait aborder par un inconnu. Il s'appelle Yann, c'est le coup de foudre immédiat. L'histoire d'amour durera un an, jusqu'à ce que la comédienne découvre que Yann n'est autre que l'auteur des lettres anonymes et, ce que lui confirmera une infirmière, le mari de celle qui lui donné son cœur. Un choc pour la comédienne qui se sent trahie. Elle en fera un infarctus. Malgré tout, et même si l'actrice laisse le lecteur dans le flou, on comprend qu'elle pardonnera à Yann. Un happy end digne d'un film de cinéma.

Le Parisien

Cet article a été publié dans la rubrique Société

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marie ange 18/11/2012 19:59


Bonjour Gilles,


Mémoire , mémoire cellulaire quand tu nous tiens ,


Comme nous sommes tous reliés à la même source , ces mémoires ne demandent qu'à revivre


Puis  maintenant ne sommes nous appelés à nous retrouver , même à l'autre bout du monde qui est très petit parfois ?


Pour Charlotte Valendrey , cela ne fut pas toujours très facile à vivre


Lumineuses pensées    


MA

Gilles Rousseau 03/12/2012 21:21



Oui, pas facile pour toutes les personnes qui vivent cette situation. Merci