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Gilles Rousseau  "la Vie en Soi"

Gilles Rousseau "la Vie en Soi"

Comment vivre en co-création avec la nature et en harmonie avec tous les êtres humains afin que nos différences deviennent des richesses à partager pour un monde d'Amour et de Tolérance.

La vie est-elle un rêve ?

Durant les phases de sommeil sans rêve, le mental est à l’arrêt. Toute connaissance est abolie. Tout souvenir a disparu. Aucune expérience ne se manifeste. Il n’y a rien !

Puis, soudain, le mental se met à fonctionner… et le rêve se déclenche.

En termes d’expérience, on peut dire que chaque nuit le sujet prend naissance à partir du rien.

Et que, de ce sujet, surgissent des objets et même des univers !

Enfin, le matin on se réveille et l’on pense avoir échappé à l’illusion du rêve, et être de retour dans la réalité.

Certes, le rêve n’est pas réel.

Mais la question qui se pose est de savoir si la conscience de veille qui lui succède ne serait pas tout aussi irréelle.

 

Rêve 5

 

 

Tout le monde se sera fait, au moins une fois dans sa vie, la réflexion que le sentiment de vivre quelque chose de réel est généralement aussi puissant dans le rêve que dans la réalité.

« Alors », se dit-on, « si l’illusionnement se produit dans un cas, pourquoi ne se produirait-il pas dans l’autre ? »

D’autant que, dans le rêve comme dans l’état de veille, le sujet projette aussi allègrement ses fantasmes.

D’un point de vue purement subjectif, il ne serait donc pas extravagant de voir des similitudes entre la vie onirique et l’état de veille.

 

 

 

Le mental rêvant

 

Il semble communément admis, par la plupart des écoles spirituelles, que l’état de veille ordinaire s’apparente à une hypnose légère qui peut fluctuer mais dont ne sort pratiquement jamais.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on emploie le terme d’éveil pour désigner une réalisation spirituelle qui n’est en fait qu’une sortie de cette hypnose du Soi appelée « mental égocentré ».

Vous n’aurez d’ailleurs pas été sans remarquer que ledit mental entretient un décalage horaire constant vis à vis des événements.

 

Pendule 2

 

Intercalant sans arrêt des souvenirs du passé et des projections du futur entre le sujet et son présent, ce mental pense plus à ruminer qu’à agir.

Un mental sain, agissant, serait celui qui se contenterait par exemple d’aller chercher dans sa mémoire les éléments de connaissance utiles à conduire une automobile.

En revanche, le mental rêvant va développer un certain orgueil à posséder cette voiture, espérer augmenter le nombre de ses conquêtes féminines grâce à elle, regretter de n’avoir pas assez d’argent pour en acheter une plus belle, rechercher les moyens de gagner cet argent, craindre d’avoir un accident, etc. à l’infini…

Ce mental rêvant, je le répète, est une hypnose de la conscience qui remplit l’existence diurne d’autant de constructions imaginaires que la vie onirique.

Mais ce n’est pas tout, car nos perceptions, elles non plus, ne manquent pas d’imagination…

 

 

 

L'univers est dans le mental

 

Si rêver signifie prendre une illusion pour la réalité, alors l’existence n’est effectivement qu’un rêve.

Car ce que nous appelons « réalité » n’a jamais été que l’impression laissée sur notre mental par les signaux provenant des sens.

Or, nos perceptions sont extrêmement limitées et trompeuses !

La physique moderne est catégorique à ce sujet : les corps ne sont ultimement composés que par de l’immatériel.

Or, si nous percevons de la matière bien matérielle, il faut bien en conclure que nos sens autorisent un illusionnement.

D’autre part, la nature hautement interactive des particules, telle qu’elle est approchée par la physique quantique, nous suggère une réalité bien différente de l’image des objets isolés que l’on perçoit.

 

Atome

 

Mais ce n’est pas tout !

Car, à cette limitation des sens s’ajoute l’interprétation du mental.

Les premiers primitifs qui se trouvèrent en présence d’avions, par exemple, ne virent que de gros oiseaux. Comment auraient-ils pu voir ce qui n’existait pas dans leur mental ?

Du point de vue scientifique, ce que nous appelons « la réalité » n’est donc que la confrontation entre des images mentales préexistantes et des signaux sensoriels interprétant des interactions physiques.

Une mise en phase entre un sensorium et un milieu.

Où donc est la matière que l’on voit ?

Les scientifiques répondent à ces questions à leur manière.

Les spiritualistes, et notamment les Védantistes, y répondent par « le choc des images ».

Celles-ci semblent souvent abruptes à nos esprits rationnels mais n’en reviennent pas moins exactement à la même conclusion que la science : il n’y a pas de matière, nous la « rêvons ».

L’univers est tout entier contenu dans le mental !

 

 

 

Le générateur d'illusions

 

Prendre le rêve comme métaphore de l’existence ne revient toutefois pas à prétendre qu’il n’existe aucune différence entre l’état onirique et l’état de veille.

Une différence se situe notamment dans le fait que, durant le rêve, le mental, libéré de toutes les inhibitions propres à sa cohabitation avec le corps physique, jouit sans retenue de son pouvoir de créateur d’univers.

 

Rêve 3

 

L’état de conscience onirique libère le pouvoir du créateur, que la conscience de veille étouffe au fond de son inconscient pendant la journée.

Mais ce n’est pas parce que le sujet crée les objets avec une facilité accrue, que la relation sujet/objets en est pour autant différente.

Prenons comme exemple le rapport à l’autre.

Dans le rêve, les autres, les protagonistes, représentent des fonctions ou des aspects du moi du rêveur.

Mais de la même manière, les « autres » rencontrés dans l’état de veille ne sont pas sans rapport avec certains aspects de notre moi.

Lorsque vous rêvez de votre père, c’est en général l’état paternel, autoritaire de votre propre psyché qui est mis en scène dans l’espace onirique.

Que ce père psychique ressemble au père physique n’a évidemment rien d’étonnant puisque c’est ce dernier qui, en grande partie, a modelé l’image de l’autorité dans votre psychisme.

 

Patriarche 2

 

Mais ce qui est plus surprenant, c’est que, dans l’état de veille, les rapports entre votre psychisme et les rencontres avec vos proches soient à peu de choses près de même nature que dans le rêve.

Pour reprendre l’exemple du père, il est extrêmement courant de retrouver certains traits de caractère du père psychique chez toutes les personnes endossant le statut d’autorité dans la vie de l’individu.

Comment est-ce possible ?

Demandez à votre inconscient !

C’est lui qui, en général, s’arrange pour vous faire éviter les gens qui ne coïncident pas trop avec vos schémas psychoaffectifs.

Et c’est lui qui vous poussera, au contraire, vers toute personne présentant des caractéristiques auxquelles votre histoire pourra s’agripper.

Spirituellement parlant, l’explication est encore plus simple !

La Conscience est Une. Il n’y a donc pas « d’autres ». C’est la Totalité qui suscite les rencontres utiles à faire évoluer la conscience personnelle jusqu’au seuil de la Conscience universelle.

Mais quelle que soit l’explication donnée, la « petite personne », le moi, est totalement dépossédé de ce libre arbitre auquel il attache tant d’importance, et se voit réduit à l’état de pur rêveur subissant des événements sur le déroulement desquels il n’a aucune prise.

 

 

 

Une réalité colorée

 

Même le matérialiste, pour qui la vie s’écoule d’une manière rationnelle, loin de tout rêve, n’échappe pas au piège de son mental.

En effet, contrairement à ce qu’il croit, l’existence n’est pas objectivement rationnelle.

Alors pourquoi en est-il persuadé ?

Parce que son mental cultive une perception des choses où ce qui n’entre pas dans le schéma rationnel ne peut pas être « sérieusement » pris en compte.

 

Ratio 2

 

Il est bien évident que la réalité n’est ni rationnelle ni irrationnelle !

Ce ne sont là que des grilles de lecture purement conceptuelles, à travers lesquelles le mental conditionné filtre et transforme la réalité à sa convenance.

Le chercheur spiritualiste, lui aussi, utilise de telles grilles de lecture, et raffine et colore la réalité au profit de son ego spiritualisant.

Il perçoit par exemple un plan divin, des synchronicités, des communions d’esprit et toutes sortes de petits miracles qui échappent à la vision rationnelle.

Mais, ce faisant, et bien qu’il demeure dans une illusion aussi vivace que le matérialiste, le spiritualiste impose en quelque sorte à son mental l’habitude de considérer la vie comme un rêve.

Bref, il se déconditionne de la croyance vulgaire selon laquelle ses perceptions seraient la réalité.

Avec les doctrines spirituelles, il ne s’agirait évidemment pas de laisser l’esprit perdre tout sens commun dans une négation schizophrénique du plan matériel.

Non, il s’agit simplement d’offrir une perpective alternative au mental.

Contrairement au schizophrène prisonnier de la perspective intérieure, ou au matérialiste incarcéré dans la perspective extérieure, le chercheur spirituel va s’ouvrir indifféremment aux deux perspectives.

Et d’une manière assez particulière !

Fleche Il va en effet développer une souplesse qui lui permettra d’accueillir sans résistance les événements venant de l’extérieur.

Fleche Et, concernant l’intérieur, il va laisser monter les productions mentales « sans en prendre livraison », c’est-à-dire sans s’y identifier.

Ainsi, peu à peu, le mental, outil d’illusionnement, deviendra outil de désillusionnement, et sera prêt à rendre son tablier à l’ego, pour laisser se révéler cette Réalité ignorée qui, jusqu’alors, se cachait derrière le néant du sommeil sans rêve.

 

 

 

Le néant et l'Absolu

 

Ce concept du néant, si cher aux matérialistes, c’est à dire, en définitive, à toute créature matérielle identifiée à elle-même, constitue ni plus ni moins l’illusion ultime.

Nul ne découvrira la Réalité sans avoir franchi le point zéro du néant.

En Orient, le néant est nommé « Avidya ».

C’est l’inconnaissance, l’ignorance ontologique.

C’est de cette inconnaissance que, chaque nuit, à l’issue d’une phase de sommeil sans rêve, surgit un concept qui, en se déployant, va tout d’abord créer l’univers du rêve onirique, puis, plus tard au réveil, celui de ce rêve vivant que nous appelons l’existence.

Fleche Existence veut dire « hors de l’être ».

Fleche Existe ce qui apparaît et disparaît.

Fleche Est ce qui ne peut cesser d’être.

Fleche L’existence s’inscrit dans le temps.

Fleche L’être reste hors du temps.

Le corps, le mental, le monde existent.

Mais en l’espace d’une fraction de seconde ils cessent d’exister… au début de chaque phase de sommeil sans rêve.

Ils cèdent alors la place à ce que, dans l’oubli total où l’on se trouve de notre être réel, nous ne pouvons qu’appeler « néant ».

Ce néant est un seuil que ne peuvent franchir ni nos perceptions, ni nos concepts, ni notre mémoire, ni notre identité, ni, pour tout dire, notre cognition.

L’existant, dans son incapacité structurelle à concevoir l’être, ne peut le voir que comme inexistant… à moins qu’il s’invente un dieu pour tromper son angoisse face au néant.

Ainsi, tant que ne se révèle pas l’être, l’existant reste enfermé dans l’existence.

Et il n’y a nul pont entre l’existant et l’être !

Ou, s’il y en a un, il est totalement fermé par le néant.

 

Pont

 

Aussi, peut-on dire que l’existence est un rêve.

Fleche D’une part parce qu’elle n’a aucun contact avec la réalité, c’est à dire avec l’être réel.

Fleche Et d’autre part parce qu’elle confond l’être réel et le néant.

 

 

 

Maya

 

Les scientifiques parlent du big bang, moment explosif où l’univers matériel aurait surgi à partir de rien.

Les spiritualistes nous disent qu’à chaque instant notre conscience cognitive surgit de l’ignorance.

C’est parce que nous ignorons notre être unitaire véritable, que nous rêvons cette expérience existentielle dualiste où le sujet apparaît en même temps que l’objet, et disparaît de même.

Cette conscience cognitive incapable de se suffire à elle-même, toujours à la recherche d’un objet comme support pour pouvoir exister, et qui sombre dans le néant dès qu’elle en est privée, n’appartient donc pas à l’être mais à l’inconnaissance.

Ontologiquement illusoire, comment cette conscience pourrait-elle connaître quoi que ce soit de réel ?

Fleche Montrant le monde, le sage indien dit « Maya » (illusion).

Fleche Se désignant lui-même, il répète « Maya ».

Fleche Et levant enfin les mains au ciel en direction de Dieu lui-même, il conclut : « Maya » !

La vie est un rêve.

 

 

Fleur

 

 

 

 

Source : http://vous-y-etes.com/2012/02/la-vie-est-elle-un-rve/

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